Comment choisir ses placements mobiliers

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Si vous vous demandez comment tirer le meilleur parti de votre capacité d’épargne, vous trouverez une description des principaux placements disponibles. Mais il faut savoir sélectionner ceux qui répondront le mieux à vos objectifs.

Les placements à court terme sans risque

Ces placements conviennent aux personnes qui ont besoin de garder une réserve d’épargne disponible à tout moment. Mais leur rendement est modeste et il peut être inférieur à l’inflation.

Le livret A

Il s’agit d’un compte rémunéré sur lequel il est possible de faire des retraits à tout moment. Un particulier peut placer un montant maximal de 22 950 €.
Le taux d’intérêt annuel s’élève à 0,75 %, mais le titulaire du livret n’a pas d’impôts ou de prélèvements sociaux à payer.
Enfin , ce placement se cumuler avec d’autres produits d’épargne à l’exception du livret bleu du Crédit Mutuel.

Le livret de développement durable et solidaire

Ce type de placement à remplacer l’ancien CODEVI et toute personne ayant son domicile fiscal en France peut y souscrire. Cependant, un foyer fiscal ne peut pas avoir plus de livrets de ce type.
Le titulaire d’un LDDS peut faire des versements et des retraits à tout moment si le solde du livret ne dépasse pas le plafond de 12 000 €.
Le taux de rémunération s’élève à 0,75 %. En ce qui concerne le régime fiscal, le titulaire ne doit pas payer d’impôts ni de prélèvements sociaux.

Le livret d’épargne populaire

Les personnes dont les revenus ne dépassent pas un plafond qui dépend du nombre de personnes qui sont à leur charge et de leur lieu de résidence peuvent ouvrir un LEP. Ainsi, pour pouvoir ouvrir ce type de compte, un célibataire qui demeure en métropole ne doit pas avoir perçu plus de 19 779 € en 2017.
Les sommes que le titulaire dépose ne doivent pas dépasser un plafond de 7700 €. Le taux annuel de rémunération atteint 1,25 % et les intérêts ne sont soumis ni à l’impôt, ni aux prélèvements sociaux.

Les comptes à terme

Il s’agit de comptes nécessitant un blocage des fonds pendant une durée déterminée à l’avance, mais offrant une meilleure rémunération que les comptes sur livret. On distingue deux types de comptes à terme : les comptes à terme à taux fixe et les comptes à terme à taux progressif. Cette seconde catégorie de comptes offre un rendement qui s’accroît avec la durée du dépôt.

Depuis 1990, les banques peuvent fixer librement la rémunération des comptes à terme proposés à leurs clients. Il est donc judicieux de comparer les taux de rémunération proposés par les différentes banques en tenant compte de la durée pendant laquelle le dépôt pourrait être bloqué.

Pour le calcul des intérêts, les banques proposent les formules suivantes :

Le taux nominal

En appliquant ce taux, la banque verse des intérêts simples qui ne se composent pas. Ainsi, si le client place 10 000 € pendant quatre mois au taux de 2 %, il perçoit une rémunération s’élevant à 66,85 €.

Le taux actuariel

Dans ce cas, le client perçoit des intérêts composés, ce qui accroît un peu le rendement.
La comparaison de plusieurs comptes à terme
Pour faire une comparaison juste, il faut tenir compte du taux de rendement annuel actuariel brut. On calcule ce taux sans tenir compte de la fiscalité en appliquant le taux nominal sur une base annuelle.

La fiscalité applicable aux comptes à terme

Actuellement, les titulaires de comptes à terme doivent payer un prélèvement forfaitaire unique de 30 %. Ce prélèvement inclut l’impôt proprement dit et les cotisations sociales.
Les conditions applicables pour les retraits de fonds anticipés
Si le client doit débloquer des fonds avant l’échéance prévue, la banque peut exiger le respect d’un préavis. D’autre part, il doit accepter une réduction de sa rémunération. Ainsi la banque peut réduire le taux d’intérêt servant de base de calcul à la rémunération de 2 % à 1,5 %.

Les plans d’épargne-retraite

Le plan d’épargne retraite populaire

La principale caractéristique de ce produit

Cette formule répond aux attentes des personnes qui souhaitent se constituer une retraite par capitalisation pour compléter leur retraite par répartition. Elle peut compléter opportunément un investissement immobilier.
Le futur titulaire pourra faire des versements mensuels réguliers ainsi qu’un ou plusieurs versements complémentaires si ses revenus le permettent.
Les gestionnaires placent les sommes en fonction des objectifs de l’épargnant et de son âge.
Une personne relativement jeune peut avoir intérêt à accepter un niveau de risque plus élevé qu’une personne ayant plus de 50 ans. En effet, si la durée du placement est suffisamment longue, les progressions de l’indice CAC 40 compensent ses baisses.

L’avantage fiscal

D’autre part, il pourra déduire le total de ses versements de son revenu imposable si ce total ne dépasse pas le dixième de ses revenus professionnels de l’année précédente. Toutefois, le montant déductible ne peut pas dépasser 31 786 €.
En outre, si l’épargnant a ouvert son PERP avant 2019, il ne peut déduire entièrement les versements faits en 2019 que s’ils dépassent ceux qui ont été faits en 2018. Il faut aussi que les versements de 2018 soient inférieurs à ceux de 2017. Si le contribuable ne remplit pas ces conditions, il perd au moins en partie l’avantage fiscal prévu pour les versements de 2019.

L’épargne-retraite prévue par la loi Madelin

Depuis 1994, les commerçants et les travailleurs indépendants peuvent profiter de cette formule qui leur permet de déduire les versements effectués de leur bénéfice imposable.

L’avantage fiscal

L’économie d’impôt que l’épargnant réalise grâce à ses versements dépend de sa tranche supérieure d’imposition. Plus celle-ci est élevée, plus l’économie d’impôt est importante. Ainsi, si la tranche supérieure d’imposition d’un avocat est de 41 % et s’il verse 4000 € sur son contrat loi Madelin, il économise 1640 €. Cependant, l’avantage fiscal ne s’applique que si l’épargnant a accepté une sortie sous forme de rente.

Les formules parmi lesquelles l’épargnant peut choisir

Le contrat Madelin mono-support

Cette option offre une sécurité totale à l’épargnant et elle peut convenir aux professionnels ayant plus de 50 ans. Elle procure un rendement annuel pouvant varier entre 2,5 % et 3,5 % .

La formule Madelin multisupports

Ce type de contrat permet à l’épargnant de répartir les placements entre des fonds en euros et des fonds investis dans des actions qui présentent un risque supérieur. Toutefois, la prise de risque peut être rentable si on respecte les conditions suivantes :
• Les dirigeants des sociétés que l’ion sélectionne pour les investissements sont  irréprochables.
• Les sociétés sélectionnées interviennent sur des marchés porteurs et elles sont très performantes. Il faut donc demander au banquier si les fonds peuvent être placés dans des sociétés présentes dans le secteur de la santé ou dans celui de l’environnement.

Les contrats Madelin en points

Si un épargnant choisit ce type de formule, ses cotisations sont transformées en points de retraite. La formule a donc un fonctionnement comparable avec un régime obligatoire, la progression de la valeur du point constituant la rémunération des versements.

L’assurance-vie

La spécificité de ce type de placement

L’assurance-vie est le placement favori des Français. Le souscripteur choisit un contrat qu’un assureur lui propose pour permettre au bénéficiaire désigné de toucher un capital ou une rente s’il décède.

Les supports que l’assureur peut proposer

Le souscripteur peut choisir l’un des trois types de supports suivants :
• Le type de contrat monosupport qui consiste en des investissements effectués uniquement dans des fonds en euros ;
• Un contrat multisupports. Dans ce cas, l’assureur place les sommes que l’assuré a versées dans des fonds en euros et dans des unités de compte. Les unités de compte peuvent contenir des placements dans des parts d’OPCVM. Les gestionnaires d’OPCVM placent les sommes qu’on leur confie dans des actions dans des obligations. L’épargnant doit donc apprécier le risque en fonction de ses objectifs et des perspectives offertes par les sociétés que les gestionnaires sélectionnent.

Les modes de gestion que l’épargnant peut choisir

En fonction de ses compétences financières, l’épargnant peut choisir l’un des quatre modes de gestion suivants :
• Une gestion profilée : l’épargnant indique à l’assureur le profil qu’il désire adopter et dont dépendent les décisions de gestion. Les profils peuvent être prudents ou plus risqués.
• La gestion libre : dans ce cas l’épargnant choisit lui-même les fonds dans lesquels il va investir son épargne ;
• Une gestion pilotée qui consiste en une sélection de placements adaptés à l’âge du souscripteur. Les décisions sont plus audacieuses si l’épargnant est jeune. Mais elles sont plus prudentes s’il est âgé.
• La gestion sous mandat qui consiste à déléguer la gestion à un spécialiste.

La fiscalité de l’assurance-vie

L’imposition des revenus que ce placement procure

Le souscripteur peut choisir entre l’assujettissement des revenus à l’impôt sur le revenu et le prélèvement forfaitaire libératoire. Quel que soit le régime choisi, un abattement annuel de 4600 € est appliqué si le contrat a été souscrit depuis plus de huit ans. L’abattement est doublé si le contrat est souscrit par un couple marié ou ayant conclu un PACS.
En ce qui concerne les taux du prélèvement forfaitaire libératoire, ils sont les suivants :
• Pour un contrat souscrit il y a moins de quatre ans : 35 % ;
• Si le contrat a été souscrit il y a plus de quatre ans et moins de huit ans : 15 % ;
• Enfin, si le contrat a été souscrit depuis plus de huit ans, le taux est limité à 7,5 %.

La fiscalité concernant le bénéficiaire du contrat après le décès du souscripteur

Le régime fiscal du contrat d’assurance-vie est plus avantageux pour le bénéficiaire que le barème des droits de succession. Les taux d’imposition applicables sur les capitaux placés par le souscripteur au profit de ses enfants sont les suivants :

Cas d’un contrat ayant été conclu avant le 20 novembre 1991

Les capitaux sont exonérés s’ils ont été versés avant le 13 octobre 1998. Les sommes que le souscripteur a placées après cette date font l’objet d’un abattement de 152 500 €. Au-delà de ce montant, le fisc applique un prélèvement de 20 %.

Cas où le contrat a été souscrit entre le 20 novembre 1991 et le 12 octobre 1998

Il faut distinguer deux cas :

– Sommes versées avant le 70e anniversaire de l’assuré : l’héritier n’a rien à payer si le souscripteur les a versées avant le 13 octobre 1998. S’il les a versées après cette date, le fisc taxe au taux de 20 % après déduction d’un abattement de 152 500 €
– Montants versés après le 70e anniversaire de l’assuré : le fisc applique le barème des droits de succession après déduction d’un abattement de 30 500 €.

Cas d’un contrat souscrit après le 13 octobre 1998

– Primes versées avant le 70e anniversaire de l’assuré : l’administration applique un taux de 20 % après déduction de l’abattement de 152 500 € ;
– Montants versés après le 70e anniversaire de l’assuré : le fisc applique le barème des droits de succession. Cependant, un abattement de 30 500 € profite à chaque héritier.

Les erreurs à éviter

L’assurance-vie est un placement judicieux pour les personnes ayant un patrimoine important et qui tiennent à réduire les droits de succession que leurs enfants devront payer après leur décès. Cependant, il faut éviter les erreurs suivantes :
• Se contenter des fonds en euros. En effet, les performances de ces fonds ont à peine couvert l’inflation en 2018. En revanche, les fonds investis en actions sont toujours plus avantageux sur une longue période. Il faut donc rechercher les assureurs qui savent recourir aux services des meilleurs spécialistes de la gestion de l’épargne.
• Oublier de profiter de l’abattement fiscal de 4600 € si on doit planifier des rachats.

La gestion d’un portefeuille d’actions cotées en Bourse

Les compétences indispensables

Dans la mesure où l’épargnant fait des opérations licites, il doit posséder une solide culture financière pour s’enrichir en gérant lui-même son portefeuille d’actions. En conséquence, une personne qui n’a pas fait des études d’économie doit se former dans les domaines suivants :
– Les méthodes d’analyse financière ;
– La méthodologie à appliquer pour évaluer les perspectives d’une société et pour maîtriser son environnement économique ;
– Le droit boursier ;
– L’interprétation des informations publiées dans la presse financière.
Cette formation peut s’acquérir par correspondance sur Internet.

Le choix du courtier

Pour acheter ou pour vendre des titres cotés en Bourse, il est obligatoire de passer par un courtier. En conséquence, il est nécessaire de comparer les services et les tarifs des courtiers présents sur le marché. Toutefois, il faut d’abord éliminer tout courtier ayant fait l’objet d’une sanction prononcée par l’Autorité des marchés financiers. Pour faire cette présélection, il faut se connecter sur le site www.amf-france.org et prendre connaissance des sanctions publiées.

Les principes de base à connaître

Avant de sélectionner les entreprises qui semblent les plus prometteuses, il faut éliminer celles dont les dirigeants ont été sanctionnés par l’AMF. En effet, tout dirigeant d’une société cotée en Bourse doit se montrer digne de la confiance des épargnants.
D’autre part, il faut éviter d’acheter des actions ayant un cours excessif. Pour savoir si le prix d’une action est normal, il faut calculer son price earning ratio (PER). Ce ratio se calcule en divisant le cours par le montant du bénéfice net par action du dernier exercice clos.
Ensuite, on interprète le quotient obtenu en se basant sur les principes suivants :
• L’action est le plus souvent sous-évaluée si le PER est inférieur à 10 (sauf si on prévoit une baisse des résultats de la société) ;
• Le plus souvent, le cours est normal si le PER est compris entre 10 et 17
• Si le PER est supérieur à 17, il y a un risque important pour que l’action soit surcotée.



A propos de l'auteur


Ayant suivi une formation supérieure juridique et financière, j'exerce l'activité de rédacteur sur Internet depuis 2010.

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